La prospective
 

Selon le prospectiviste Michel Godet, face à l'avenir - dont la marque même est l'incertitude - quatre attitudes sont possibles :

  • la passivité :           ne rien faire, attendre et subir le changement (par peur ou parce qu'on ne sait pas quoi faire). 

C'est l'attitude de l'autruche.

  • la réactivité :          agir dans l'urgence, sans recul mesuré, quand on n'a plus le choix. 

C'est l'attitude du pompier.

  • la préactivité :        se préparer aux changements prévisibles, anticiper les réponses afin de ne pas être dépourvu le moment venu,

se prémunir.

C'est l'attitude de l'assureur.

  • la proactivité :        construire, mener le jeu, infléchir et transformer, provoquer les changements souhaités.

C'est l'attitude du conspirateur qui agit pour provoquer les changements souhaités.

"J'ai beaucoup mieux à faire que m'inquiéter de l'avenir, j'ai à le préparer."

Félix-Antoine Savard

La prospective - mêlant prospection et perspective - vise à se préparer aujourd’hui à demain.  Elle est orientée vers le futur, un changement, une stratégie. 

La prospective stratégique nécessite réactivité, préactivité et proactivité.

A la différence de la futurologie ou de la divination, elle ne vise pas à "prédire" l'avenir mais bien à élaborer des scénarios possibles et souhaitables, dans leurs perceptions d'aujourd'hui, sur la base notamment :

  • de l'analyse d'un état des lieux de la situation actuelle et d'un diagnostic rétrospectif (des bifurcations du passé),

  • de l'exploration des tendances lourdes ou des germes de changements,

  • du "jeu des acteurs"(familles, collègues, amis, institutions, ...),

  • de l'identification des enjeux (ce qu'il y a à perdre ou à gagner).

   La stratégie du changement s'arrime aux enjeux et à la vision que l'on veut atteindre.

​Le scénario retenu dessine la vision désirée et la trajectoire pour y arriver.  Grâce au storytelling, vous visualisez le changement atteint !

Mais la prospective est orientée vers l'action qui se construit "chemin faisant".  Il reste à poser le premier pas du changement !

Pour Gaston Berger, la prospective doit

"voir loin, large, profond, penser à l'homme, prendre des risques"

(1959)

René Magritte